Jawad reçoit la visite du ministre polynésien de l’agriculture dans son magasin à Rungis.
Fernand Roomaataroa, le ministre polynésien de l’agriculture a visité, mardi 25 novembre, le marché international de Rungis où il a été accueilli par Francis Lefevre, le Secrétaire général de la SEMMARIS, société en charge de la gestion et du développement du plus grand marché au monde en chiffre d’affaires. L’occasion de tirer bien enseignements en vue de la création de l’Office de Commercialisation des Productions Agricoles (OCPA). « Nous sommes venus voir comment Rungis est organisé car nous avons l’intention de mettre en place un office de commercialisation des produits agricoles. Il ne s’agit pas bien entendu de recréer un marché international tel que celui-là mais il est évident que les méthodes et l’expérience acquises ici, peuvent nous être très profitables dans le cadre de la création de l’OCPA» a déclaré Fernand Roomaataroa au terme de sa visite. Le lieu retenu pour la création de cet office est situé non loin du Maeva Beach à Punaauia. « Cet office servira les intérêts de tous les agriculteurs, y compris ceux des îles, avec l’ambition de reconquérir en priorité le marché local » a indiqué le ministre de l’agriculture. A titre d’exemple Jack Roomaataroa a souligné qu’une pastèque vendue 160 Fcfp à Huahine l’était à plus de 500 à Papeete. Et pourtant il s’agit bien de la même pastèque, 48 heures après sur les étalages des grandes surfaces. « Ce sont ces problèmes que nous voulons régler. Notre production est taxée de cher car il n’y a pas d’organisation. Mais, j’insiste, il n’est pas question pour l’Office de vendre mais de réguler et d’être l’intermédiaire entre le producteur et le revendeur professionnel » a souligné le directeur de cabinet du ministre de l’agriculture. Fernand Roomaataroa a débuté sa visite par les produits de la mer. Un marché ouvert de trois à sept heures du matin. Il a pu noter la grande fraîcheur des langoustes, thons, bonites ou autres cigales des mers, présentés au chaland. Au secteur horticole il a pu rencontrer Jawad Hajjar, producteur, importateur et grossiste de fleurs tropicales sur le marché de Rungis depuis quinze ans. Il produit en Côte d’Ivoire et importe de vingt-cinq pays. Le rouleau de pandanus sec est le seul produit polynésien qu’il propose à sa clientèle. Et il le regrette : « Il y a beaucoup de fleurs en Polynésie française. Et nombreux sont ceux qui nous demandent des fleurs de Tahiti. Or il faut savoir que maintenant les fleurs font voyager les consommateurs. Quand on achète une fleur qui vient de Tahiti, c’est comme si on était allé là-bas. Tahiti a un potentiel énorme. Mais j’ai beau chercher je n’ai pas de fournisseur. Il faut soutenir les petites entreprises, il faut les encourager et surtout négocier pour elles avec les compagnies aériennes pour avoir un très bon tarif». Et Jawad Hajjar de souligner qu’il existe à Tahiti des produits que l’on ne trouve nulle part ailleurs, « c’est ceux-là qu’il faut exporter » a-t-il affirmé. Le marché de Rungis accueille plus de 1500 grossistes sur une surface de 232 hectares. 22 000 personnes y travaillent chaque jour. Une vraie ville dans la ville, au Sud de Paris, avec, outre ses lieu de négoces, une gendarmerie, des médecins, des coiffeurs, des restaurants ou encore une Poste. Cinq grands secteurs permettent aux grossistes et aux acheteurs de France mais aussi de l’Europe entière de faire « affaire ». Il s’agit des secteurs horticole, fruits et légumes, produits laitiers, produits carnés et produits de la mer. Plus de 3 000 camions acheminent les millions de tonnes au quotidien. Malgré cet important volume, les grossistes ne déplorent qu’un pourcent de perte. Ici, le prix n’est jamais fixé au départ. Il naît de chaque négociation. Les premiers arrivés payent le plus cher mais ils emportent les morceaux de |




